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Quel TMS choisir pour une entreprise de transport routier ?

· Benjamin Letessier

Un TMS - Transport Management System, ou logiciel de gestion de transport - centralise l’exploitation d’une entreprise de transport routier : saisie des ordres de transport, planification, affectation des chauffeurs et des véhicules, suivi des livraisons, preuve de livraison, facturation.

La plupart des comparatifs alignent des listes de fonctionnalités. C’est commode pour remplir un tableau, mais ça ne dit rien de ce que l’outil donnera une fois en service : si vos chauffeurs s’en servent vraiment, si la facture du mois prochain ressemble à celle annoncée, si vous pouvez en sortir. Voici les critères qui se voient à l’usage, et les questions à poser avant de signer.

1. Le vrai concurrent, c’est votre tableur

Avant de comparer des logiciels entre eux, posez la bonne question : qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui ?

Un tableur fonctionne très bien jusqu’à un certain point. Il devient un problème sur trois choses précises :

  • L’accès simultané. À deux sur le même fichier, quelqu’un écrase toujours le travail de l’autre.
  • La remontée du terrain. Le chauffeur appelle, vous notez, vous ressaisissez. L’information met des heures à revenir, et elle arrive déformée.
  • La ressaisie. La même donnée est tapée pour le planning, pour la lettre de voiture, puis pour la facture. Chaque saisie est une occasion d’erreur, et une facture fausse, c’est un litige et un paiement retardé.

Si vous ne rencontrez aucun de ces trois problèmes, un TMS ne vous apportera pas grand-chose aujourd’hui. Comptez plutôt le temps perdu, en heures par semaine, sur la ressaisie et les appels de suivi. C’est ce chiffre qui justifie - ou non - un abonnement, et c’est celui qui vous servira à juger un outil.

2. Regardez le prix réel, pas le prix affiché

C’est le piège le plus courant du secteur. Les tarifications par véhicule ou par utilisateur paraissent modestes à l’unité, puis :

  • vous embauchez un chauffeur, la facture monte ;
  • votre volume d’ordres de transport franchit un palier, vous changez de tranche ;
  • l’application mobile est comptée en supplément ;
  • le portail client est une option ;
  • la mise en service est facturée à part ;
  • l’engagement est de 36 mois.

Le palier au volume mérite une attention particulière : il se déclenche au moment où vous pouvez le moins l’absorber. Une grosse saison, un client qui double ses commandes, et l’abonnement change de tranche alors que vos camions et vos chauffeurs sont les mêmes. Vous payez plus cher pour un travail que vous faisiez déjà.

Reconstituez toujours le coût sur 3 ans, pour l’activité que vous aurez dans 3 ans, formation et mise en service comprises. Deux offres qui semblent séparées de 20 € par mois peuvent finir à un facteur deux.

Trois questions à poser directement :

  1. Le prix change-t-il si j’ajoute un véhicule ou un chauffeur, ou si je fais deux fois plus d’ordres de transport le mois prochain ?
  2. Quelle est la durée d’engagement, et que se passe-t-il si j’arrête au bout de 6 mois ?
  3. Qu’est-ce qui est facturé en plus du prix affiché - mise en service, formation, reprise de données, support ?

3. L’application chauffeur décide de tout

C’est le point le plus sous-estimé, et celui qui fait échouer les projets.

Un TMS ne sert à rien si les chauffeurs ne l’utilisent pas. Et ils ne l’utiliseront pas si l’application est lente, compliquée, ou si elle cesse de fonctionner dès qu’il n’y a plus de réseau.

Trois exigences non négociables :

  • Le mode hors connexion. Une zone blanche, un sous-sol de plateforme logistique, un parking couvert : si l’application exige du réseau pour valider une livraison, le chauffeur abandonne, et vous perdez la preuve.
  • La simplicité. Un changement de statut doit tenir en un geste, gants aux mains, dans le froid, à la nuit tombée.
  • La signature et la photo intégrées. Sinon vous continuez à courir après les CMR papier, et vous n’avez rien gagné.

Demandez une démonstration sur le téléphone d’un chauffeur, pas sur l’écran du commercial. Et faites-la tester par le chauffeur le plus réticent de l’entreprise : c’est lui votre juge.

4. Facturation : la chaîne complète, sans ressaisie

Le gain le plus mesurable d’un TMS se situe là. Vérifiez que la chaîne va du devis à la facture sans retaper une donnée :

  • devis, transformé en ordre de transport une fois accepté ;
  • prix calculé automatiquement depuis une grille tarifaire - au poids, à la palette, au mètre linéaire, au kilomètre ou par zone - et non saisi à la main à chaque fois ;
  • facture générée depuis les ordres livrés ;
  • relances automatiques sur les impayés.

Deux points spécifiques au transport routier, qu’un logiciel généraliste ne gère pas :

  • L’indexation gasoil, idéalement alimentée par les indices CNR mensuels plutôt que par un pourcentage ressaisi à la main tous les mois.
  • L’échéance à 30 jours, imposée par la loi Gayssot pour le transport routier. Un logiciel de facturation générique proposera 45 ou 60 jours par défaut : c’est illégal dans votre activité.

5. Vos données doivent pouvoir repartir

Un TMS concentre tout votre historique commercial : clients, tarifs, volumes, marges. Deux questions à poser avant de signer :

  • Puis-je exporter mes données à tout moment, dans un format lisible ? Si la réponse est floue, c’est un non.
  • Où sont hébergées les données ? L’hébergement en France simplifie le RGPD et la réponse aux appels d’offres publics, où la question est de plus en plus posée.

Demandez aussi ce qu’il advient de vos données si vous résiliez, et sous quel délai elles sont supprimées.

6. Le support, le jour où ça coince

Vous n’avez pas de service informatique. Le jour où une facture ne part pas, c’est vous ou votre exploitant qui appelez, entre deux plannings.

Regardez le délai d’engagement - pas le discours commercial -, et vérifiez que vous parlerez à quelqu’un qui connaît le transport. Un support qui ne sait pas ce qu’est une lettre de voiture vous fera perdre plus de temps qu’il ne vous en fera gagner.

Une grille de décision courte

CritèreBon signeMauvais signe
Prixfixe, tout comprispar véhicule, par utilisateur, par palier de volume, options
Engagementmensuel, résiliable24 ou 36 mois
Essaienvironnement réel, avec vos donnéesdémonstration commerciale seule
Mobilefonctionne hors connexionexige du réseau
Facturationdevis → OT → facture sans ressaisieexport vers un autre outil
Donnéesexport libre, hébergement Franceformat propriétaire, réponse évasive
Mise en serviceaccompagnée, reprise de données incluse« vous verrez, c’est intuitif »

Nous éditons Routier TMS, un logiciel de gestion de transport français pour les TPE et PME : prix fixe de 39 à 199 € HT par mois quels que soient le nombre de véhicules, de chauffeurs et d’ordres de transport, sans palier ni engagement, hébergement en France, application chauffeur Android et iOS fonctionnant hors connexion.

Posez-nous les questions de cet article. Si nous ne sommes pas le bon outil pour vous, nous préférons vous le dire avant votre inscription qu’après. Vous pouvez aussi demander un accès à notre environnement de démonstration, pré-rempli avec des données réalistes.